la traversée MINDELO – GRENADE

C’est une des plus grande étape sans escale de cette aventure  puisque nous devons passer en mer quelques 20 jours environ pour 2200 Milles de navigation. On ne va pas vous raconter tout au jour le jour on tient à vous garder. On va juste évoquer quelques temps forts pour ne pas vous laisser sans nouvelles. IL paraît que vous ne pouvez plus vous passer de nous !!!! on a nos antennes !

Le jour du  départ de Mindelo il nous fallait :

-faire l’avitaillement

-notre sortie du pays à la douane

-et très important compléter le blog pour que vous puissiez avoir un peu de lecture pour vos longues soirées d’hiver….on est quand même sympa de bosser pour vous et gratuitement en plus…..

l’avitaillement c’est pour Mich , pendant ce temps je vais à la douane et je termine le blog.

Et ça commence mal. Je montre à Mich ce que j’ai écrit et d’un coup l’ordi s’éteint !je tente de le redémarrer , rien à faire l’écran reste noir…..c’est le b…… un ordi tout neuf ! Plus d’ordi = plus de météo = plus de nouvelles pour nos proches = plus de blog pour vous !

La journée débute mal. Je remets à plus tard le problème ordinateur…on connaît ça par cœur, il est l’heure d’aller à la douane.

J’arrive là bas , il y a une personne avant moi. Après une demi heure d’attente, le douanier vient me voir et me demande si c’est pour une entrée ou une sortie. C ‘est pour une sortie : il faut attendre 20mns mes collègues vont revenir me dit’il…..j’ai attendu plus d’une heure. Je récupère les papiers du bateau qu’ils avaient gardés, je paie les droits de 700 escudos (environ 6,50€)  et je vais à l’autre bureau pour les tampons sur les passeports. Personne dans le bureau , je me renseigne et finalement il faut que je revienne à 14h , les douaniers sont partis à l’aéroport …..au total ça fera trois heures de perdues.

Je rentre au bateau et m’excite sur ce satané ordinateur.…impossible de le redémarrer , je vois bien les voyants qui m’indiquent que le disque tourne mais rien à faire l’écran reste noir . je me souviens que sur les anciens ordi (il y a 20ans) quand ça beuguait on reboutait (touche CTRL+flèche à droite+ point du clavier chiffre) je tente et là jackpot !!! l’écran s’allume, il faudra quelques minutes pour que tout rentre dans l’ordre. Pourquoi c’est arrivé ? mystère de l’informatique ou de mon incompétence ?

 

Je peux donc continuer le blog. Vous êtes content hein ! allé soyez honnêtes vos soirées ne seront plus tristes…… !

 

Au lieu de partir en début d’après midi nous  partira à 17h00 tu (tu=temps universel)sous le soleil évidemment .

 

Un autre bateau , Orion , part en même temps que nous , nous convenons de rester en veille sur le canal 72 au cas ou l’un de nous aurait un incident. Mais très vite il va disparaître derrière notre tableau arrière, victime de notre trop grande vitesse !! et dans la nuit nous le perdons de vue définitivement.  Début de parcours tranquille avec le vent prévu sauf que nous  tombons en panne de vent à 20milles derrière la dernière île du CapVert. Ça ressemble à un déventement ! mais aussi loin ? bizarre. Faut qu’on pose la question à ceux qui sont passés par là ! on tourne en rond pendant une heure , pas question de mettre en route le moteur et finalement Eole comprend bien qu’on ne lâchera pas le morceau et il décide de revenir au même endroit qu’avant. Merci Mr EOLE .

Le 1ér jour en mer est sympa, la mer belle, la houle est assez marquée, Camélia se sort à merveille de toutes ces montagnes russes qui se présentent à lui en ordre dispersé , le soleil est au rendez vous , il fait chaud mais c’est supportable d’autant que la nuit reste fraîche. On supporte un pull pendant les quarts. Mich passe son CAP de boulanger et le réussi , reste le brevet et la maîtrise mais il faut qu’il bosse un peu la théorie ! Du coup il se prend pour superman et me demande s’il peut dans la foulée tenter le CAP d’allumeur de barbeuc . on a de la viande à cuire. Je pense que ça fait beaucoup pour le 1ér jour, qu’il a pas assez révisé ses cours mais il insiste….après deux tentatives le barbeuc reste froid et Mich retourne à ses devoirs. Je lui avais pourtant dit de bosser le soir au lieu d’aller se promener à Mindelo ! Du coup on mangera en retard et l’apéro s’invitera plus longtemps à table. A celui là on le laisserait faire il mangerait tous les jours  avec nous !

Le lendemain on prendra une petite dorade coryphène qui nous assurera trois repas. Ce sera court bouillon mayonnaise et à la tahitienne.

la daurade et le Mich

le Mich salisseur de pont

Doucement la température monte dans le bateau , en fait le thermomètre intérieur suit la sonde qui nous indique la température de l’eau. Dés qu’on prend un degré dans l’eau on le retrouve dans le bateau.

Puis nous prendrons un beau thon de 10kgs que nous ne mettrons pas longtemps à débiter.

le thon et le Mich

Quatre belles tranches pour le barbuc , il en  reste  assez pour remplir 6 bocaux qui passeront l’après midi dans la cocotte minute trois par trois à raison de 1h1O par cuisson. Ensuite nous cuirons le pain préparé avant la prise du jour. (On vous fera un petit cours sur la fabrication du pain en bateau un peu plus tard, c’est à dire quant on aura plus rien à dire) Autant vous dire que la température monte dans le bateau (29°)et pas question d’ouvrir en grand , des petites déferlantes vicieuses voudraient rentrer pour remettre en liberté le thon mais pas question il est a nous !

A l’heure ou je vous parle c’est à dire mardi matin le 8 janvier il fait 24°6 dans le bateau et 25 dans l’eau. Mich est en plein boulot , il prépare les filets à langoustes…il ne pense qu’à son estomac !

le Mich réparateur de filet

le Mich a transformé Camelia en usine

on prendra une autre grosse daurade coryphène mais comme il restait du thon à manger et qu’elle était trop grosse pour nous, on lui rendra la liberté.

Les jours se suivent et se ressemblent , l’alizé ne nous laisse pas tomber  et du coup nous battrons plusieurs fois notre record de distance parcourue sur 24h et c ‘est en vent arrière que nous sommes les plus rapides. Petite précision quand même , nous sommes plus rapide en vent arrière qu’au grand largue à 30° du vent arrière. Bien sur l’allure la plus rapide du bateau est le vent de travers mais il ne nous concerne pas pour le moment. Le record actuel est de 158 Milles/24h ! On est presque prêt pour le Vendée Globe mais ils ne voudraient pas de nous , ils courent en solitaire et nous on est deux !

des voiles partout

sous spi

Finalement l’alizé va quelque peu s’essouffler mais ne va pas disparaître totalement si bien que pendant trois jours nous allons avancer un peu au ralenti. Plus mauvaise journée : 80Milles/24h. On en profite pour tester d’autres techniques de pêche et notamment la technique de pêche au leurre vivant ……

leurre vivant

Mais il faut reconnaître que même cette façon de pêcher n’est pas terrible….le leurre serait’il mauvais, trop gras, pas assez bronzé….il a le bronzage camionneur au niveau des cuisses ? pourtant c’est un siffleur (et il ne siffle pas que des airs connus , il siffle aussi les liquides à sa portée  )

Donc on laisse tomber la pêche on préférera se baigner accrochés au bateau par un bout car même avec une vitesse de 2 ou 3 Nds impossible de revenir au bateau si on n’est pas attaché. Soyez rassurés l’équipage restera au complet et les requins resteront sur leur faim.

Par contre on tape dans notre réserve de conserves….on ne pêche plus …. Il y a bien les poissons volants mais dés qu’on ralenti on ne les voit plus et puis les seuls que nous trouvons ont apponté durant la nuit et sont morts.

un bout de baleine

le souffle de la baleine

On a pensé  pêcher une baleine mais là aussi elle était trop grosse pour nous. En effet nous avons croisé deux baleines qui sont passées à 500m de nous sur tribord. Une semblait énorme. On a prit deux photos qui attestent de leur présence mais qui ne disent pas grand chose sur elles.

Par la suite Mr Eole nous refera des siennes, bon il est chez lui , il fait ce qu’il veut mais quand même……il fait des siennes mais ne nous laissera jamais en panne , il nous laissera toujours un petit souffle bien agréable finalement.             Mais lorsqu’il molli c’est très désagréable pendant une à deux heures, les voiles claquent et souffrent, Camélia s’agite dans tous les sens , puis la houle se calme et tout rentre dans l’ordre. On vous avait bien dit que la vie de plaisancier est un vrai métier!

A 150 milles de l’arrivée , nous apercevrons les lueurs de La Barbade qui est à 60Milles de nous sur notre tribord. C’était normalement notre point de chute aux Antilles , mais après quelques renseignements pris sur les mouillages et le port nous déciderons de ne pas y aller et de rejoindre directement Grenade qui est la dernière Ile des Antilles et bien sur la plus éloignée de notre point de départ.

Puis dimanche après midi nous apercevrons Tobago à 45 Milles sur notre bâbord et enfin vers 3h tu les lumières de Grenade nous font penser que nous sommes sur la bonne route mais elles sont encore très loin. Il nous faudra encore 10h de navigation pour retrouver des eaux plus calmes.

On peut aussi vous parler communications puisqu’on a le temps et vous aussi …les soirées sont longues au coin du feu, on sait ce que c’est on a connu ça aussi .

Pour communiquer avec nos semblables (moins bronzés quand même) en mer nous n’utilisons pas nos téléphones portables qui deviennent inutiles. Nous n’utilisons pas non plus de téléphone satellite , trop onéreux. Nous utilisons les ondes hertziennes comme nos anciens il n’y a pas encore très longtemps sur leur bateaux de travail. Nous sommes équipés d’une BLU (poste émetteur récepteur à Bande Latérale Unique) d’un modem et d’un ordinateur avec un logiciel spécial. Le principe est simple. Transmettre des signaux par la voix des airs . Nous pouvons envoyer des mails sur des stations à terre organisées en réseau et géré par une association. Ce réseau  couvre le monde entier. Ces mails sont codés par le modem qui pilote lui même la BLU qui envoie ce message codé qui est réceptionné par la station à terre . Le modem de la station décode le message. Le message est ensuite envoyé au destinataire par internet. Vous suivez ? attention à l’interrogation écrite à notre retour .

Nous utilisons aussi la BLU pour demander et obtenir des fichiers météo.

C ‘est ainsi que nos familles et nos amis peuvent nous suivre en live puisque nous envoyons un mail tous les deux jours à ma chère épouse avec toutes les info sur notre navigation. Ce mail est ensuite transféré (enfin j’espère qu’il est transféré ….)à nos familles et amis. Elle est pas belle la vie !

 

Bon vous voulez la recette du pain ?

 

Pour un pain de 1 bon kg il faut :

Un bol d’eau de mer

Un bol d’eau douce

Quatre sachets de levure boulangère

Un demi verre d’huile végétale

250g de farine de seigle

le complément de farine de blé pas trop fine (environ 750 grs)

la levure fermente tranquillement dans l’eau

 

 

Dans un saladier on verse l’eau que l’on mélange à la levure , bien tourner pour éviter les grumeaux.

On laisser reposer 30mns

On incorpore la farine de seigle puis on complète avec la farine de blé. On pétrit avec les mains pour obtenir un mélange qui ne colle plus aux doigts. C ‘est là qu’il faut bien doser.

la main dans le pétrin

la pâte après le second pétrissage posée sur l’assiette dans la cocotte va lentement prendre du volume

et voila c’est prêt pour la mise à feu

Puis on reprend la pâte qu’on pétrir une seconde fois(5mns) en ajoutant un peu de farine pour que ça ne colle pas.

On donne la forme que l’on veut au pain , on dépose la pâte dans un moule ou pour nous une assiette préalablement huilée pour que ça ne colle pas. On peut donner des coups de couteau pour faire joli. On dépose le plat au four ou cocotte minute pour nous. On superpose deux assiettes l’une sur l’autre pour éviter le contact avec le fond de la cocotte. On laisse de nouveau reposer 30mns et on allume le gaz.

Pour nous c’est 45mns avec les deux feux du gaz allumés. Au four c’était une heure environ mais tout dépend du four. Il faut surveiller et piquer un couteau dedans les premières fois.

Voilà c’est quand même pas compliqué !

il n’y plus qu’a déguster c’est quand même pas compliqué !

 

 

 

 

 

 

 

Juste un dernier mot pour vous dire que nous sommes bien arrivés après 17 jours et 23heures de route et 2214 milles avalés ou 4558 milles depuis le départ.

 

 

11 réflexions au sujet de « la traversée MINDELO – GRENADE »

  1. Coucou a vous 2 ,
    Bon anniversaire à mon marin préféré, profitez bien du soleil moi les vacances c’est fini encore bronzée et pleins de superbes images dans la tête …
    Gros mon poup
    Ta fille

    • pour nous les vacances ne sont pas encore finies, d’ailleurs on sait pas si elles finiront un jour. Les langoustes me narguent et je n’arrive pas (encore) à les attraper…
      bisous à vous deux
      Papa

  2. bonjour les touristes, ca a l’air de bien ce passé a par les petite merde de parcour; es du o doudou ?? (faite lui peut etres des calins ou photo avant de le mettre o placard) sinon on voulait souhaiter un bonne annif a mich, on compte sur vous pour bien faiter ca . biz a vous deux
    Cédric Cécile

    • merci à vous . Clement tu devrais venir bosser ici..la vie est cool
      bises à vous deux.A bientôt ….la carte est presque en route si je ne la perds pas ….

  3. Vous n’avez pas essayé de faire du poisson séché avec les coriphènes ? Il paraît que c’est très bon. Ici, je teste avec du maquereau. Il faut d’ailleurs que je pense samedi prochain à récupérer mon poisson dans l’armoire de l’amicale…

  4. Merci de ces bonnes nouvelles ensoleillées… Je ne vous parle pas du coup de vent, plutôt de la tempête qui passe en ce moment sur la pointe du Finistère…
    Vivement notre prochain départ pour les tropiques…
    Noubliez pas de visiter Mayreau et d’aller boire un coup au Rasta-Café et d’allumer un cierge à la chapelle du père Divonne…
    Bon vent !
    http://skreo-dz.over-blog.com/article-voyage-de-skreo-du-01-09-2004-au-24-05-2005-68309221.html (revoir quelques-unes ne nos escales communes…)
    Georges

  5. Bravo pour vos exploits: Belles traversées, à priori sans trop de soucis et blog très intéressant, toujours avec de belles photos qui font rêver.
    Bonne continuation et amitiés à l’équipage…en attendant la suite.
    Jean-Yves

    • salut Jean yves,
      merci pour ton commentaire.
      oui traversée sans soucis….un peu plus chaude que l’Islande…
      la suite arrive mais lentement au gré des connexions pas facile à trouver
      amitiés.
      alain

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